Airétiq, un funambule du rythme

, par Violette Villard

L’Airétiq : un danseur de mots, possesseur d’un rythme singulier, inventeur d’une langue inédite dans sa langue propre. Musicien d’un certain tact à rebours de l’orthopraxie groupage et de l’idiome dominant, agitateur d’une tonalité insolite et d’une aurore de l’allure, du geste, du sens toujours ductile, partition mobile, point d’interrogation, Q farfelu, introduisant la quête vers quoi l’Airétiq en tant que signifiant s’échappe toujours de lui-même, ne se laissant pas boucler dans une compulsion névrotique et mortifère, faisant la pige au triste C du tic de la doxa radoteuse d’aliénations sociales.

L’Airétiq il est sûr propose un vent de dégel, un sens en mouvant devenir toujours à inventer, une prosodie audacieuse, une rythmique effrontée et conquérante.

« Là où un homme parvient à la conviction fondamentale qu’on doit lui commander, il devient “croyant” ; à l’inverse, on pourrait penser un plaisir et une force de l’autodétermination, une liberté de la volonté par lesquelles un esprit congédie toute croyance, tout désir de certitude, entraîné qu’il est à se tenir sur des cordes et des possibilités légères et même à danser jusque sur le bord des abîmes. Un tel esprit serait l’esprit libre par excellence » (Nietzsche, Le Gai Savoir, Ve livre, « Nous sans Peur », § 347).

L’Airétiq ou le funambule du rythme commence et se lance.

Violette Villard

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Référence pour citer l'article : Violette Villard, « Airétiq, un funambule du rythme », L'Airétiq [en ligne] (3 juin 2016), http://www.lairetiq.fr/Airetiq-un-funambule-du-rythme (page consultée le 11 octobre 2017)